L’hypnose, une reconnexion au corps

Publiée le 2 novembre à 1:18

Paris le 3 octobre. C’est une belle journée d’automne qui commence. Une journée habituelle dans le speed d’amener les filles à l’école, d’arriver à l’heure au travail. Ma To do liste est déjà établie dans ma tête depuis 6h30 ce matin, mais les rayons doux du soleil, cette belle luminosité matinale, me donnent de l’énergie. J’ai une vie trépidante mais heureuse, je vis dans un pays relativement en paix. J’ai un mari aimant, de magnifiques enfants qui vivent dans une certaine sécurité matérielle. Je me plais dans cette vie, dans ma vie et malgré quelques inconforts, j’ai de la chance de pouvoir dire que ça roule, que je suis heureuse. Cela fait naître sur mon visage un sourire, un sourire de joie et d’assurance. Mon téléphone sonne, je regarde : tiens c’est ma mère. C’est bizarre qu’elle m’appelle à cette heure ci et c’est là que commence le premier jour du reste de ta vie... l’annonce. Nous nous sommes donné rendez-vous près de mon travail pour déjeuner. Elle m’a dit qu’elle était porteuse du gène BRCA1, un gène héréditaire qui se transmet de mère en fille et dont la finalité est le cancer du sein, et que je devais impérativement faire le test pour savoir si moi-même j’étais porteuse. À l’annonce, tout s’écroule. Les certitudes, les doutes, les joies, les peines, plus rien n’existe. Sauf le rage, la révolte, l’effondrement... L’effondrement d’avoir fait deux filles, de leur avoir peut-être transmis le gène. Et puis ai-je envie de savoir ? Ai-je envie de faire ce test ?

Quelques mois plus tard.

6 mois se sont écoulés depuis cette journée fatidique où L’annonce, la découverte et la connaissance de cette maladie sont arrivées dans ma vie comme une intrusion horrible, me mettant face à des choix difficiles. Savoir ou ignorer ? Dans tous les cas être morte, quel que soit le choix, il sera perdant. J’ai pris la décision de faire le test ; je suis porteuse du gène, et la vie continue. A l’époque, j’avais pris la décision d’arrêter de fumer par hypnose. Je ne savais pas à ce moment, à quel point cette pratique allait changer ma vie. Grâce aux séances faites, j’ai réussi à me reconnecter fondamentalement à qui je suis, à gérer mes émotions, à assumer mes choix, à être présente pour moi. À me reconnecter à mon corps, à être en paix avec lui, bref à retrouver le chemin de mon être dans la sécurité et l’accueil de ce qui est ; à accepter le chemin de la vie. Cela ne veut pas dire que je ne suis plus en colère, mais je sais à quoi elle me sert. Cela ne veut pas dire que je ne suis plus triste mais je ne subis plus la tristesse, j’avance sur le chemin de ma vie.

Témoignage d’Expert / Avis de la praticienne Cecile Noll, Hypnothérapeute

Le cancer fait affronter au malade et à son entourage une situation proprement existentielle. C’est une situation extrême car elle ne peut pas être résolue par des adaptations psychologiques, elle remet en question le sens même de la vie et force à rompre avec le quotidien . Le rapport au temps est faussé car la personne ne peut plus vivre au jour le jour. L’avenir est vécu comme infranchissable et plonge dans une incertitude et une insécurité extrêmes. L’hypnose aide grâce à la gestion des émotions. Le rapport au corps marque sa vulnérabilité, la personne se sent dépossédée de son corps, envahie par ce corps étranger. Grâce a la visualisation, l’hypnose aide le patient à reprendre possession de son corps. Le rapport à autrui. Il y a souvent un ressenti de rejet, d’abandon, d’injustice, d’incompréhension et d’impuissance. Grâce à l’hypnose, un travail sur les blessures peut permettre de les dépasser et améliorer l’état psychologique et donc physiologique du patient Il est fondamental d’apprendre aux malades à se prendre en charge. Quand le malade cesse d’être un objet passif de soins pour devenir un partenaire actif de la guérison, son attitude change son psychisme et donc son état de santé. Il commence à ressentir qu’il peut prendre part à sa guérison et qu’elle dépend aussi de lui en grande partie. L’utilisation de l’état hypnotique principalement l’hypovigilance et la dissociation, permet aux patients de préparer l’intervention chirurgicale. De diminuer l’angoisse de mort et d’accepter son corps meurtri, d’accepter les différents traitements et leurs effets. De diminuer les attentes négatives vis-à-vis de ces traitements, de travailler sur la douleur, d’aborder la convalescence et favoriser un rétablissement rapide et satisfaisant ; de développer chez le patient un langage visuel et symbolique pour parler à son corps et mobiliser ses ressources. La visualisation est un outil excellent sur le travail des cellules cancéreuses, sur la modulation des sensations douloureuses et permet l’émergence de ressources positives grâce à des visualisation de bons souvenirs, de rêve agréable ou d’endroit de sécurité. Se servir de l’imagerie comme support de la chimiothérapie ou de la radiothérapie peut aider les patients à stimuler le réactions immunitaires. Quoi qu’il en soit, l’hypnose permet une reconnexion au corps et permet à la personne de se réapproprier qui elle est ; bref elle permet de devenir son meilleur allié.