Témoignage de Leslie

Publiée le 4 décembre à 11:33

[ Mutation BRCA2 ]

En 1999, J’avais tout juste 21 ans lorsque ma mère est tombée malade, elle avait à ce moment-là 42 ans. Le cancer était très agressif, le traitement aussi…des mois de souffrance. Elle s’en est sortie et la vie a repris son cours.

Je suis suivie depuis l’âge de 30 ans avec une mammographie tous les 2 ans. Lorsque je me suis approchée de la quarantaine, mon gynécologue m’a dit que je devais faire un suivi plus rigoureux (mammographies tous les ans) car je rentrais dans la tranche d’âge fatidique, elle me suggéra de me renseigner sur le test génétique car si je n’étais pas porteuse, tous ces rayons seraient plus nocifs que bénéfiques pour ma santé, et qu’on reprendrait une surveillance plus adaptée et plus espacée.

J’en ai parlé à ma maman, nous avons monté le dossier et avec toute la paperasserie, cela a duré presque 18 mois, lorsque nous avons eu le feu vert pour faire cette prise de sang.

Ma petite sœur (38 ans) et ma tante (49 ans), ont décidé de faire également le test. Quelques semaines plus tard le verdict est tombé : j’étais la seule porteuse du gêne (BRCA 2). Cela m’a soulagé car j’étais l’investigatrice de cette demande et je ne voulais pas que ma sœur ou ma tante soit porteuse.

J’ai commencé la surveillance adaptée (IRM, Mammographie et échographie) tous les 6 mois. Les ovaires aussi doivent être surveillés, car il est plus dur de détecter une anomalie à cet endroit.

Il y a un an, ma maman fait une rechute à l’autre sein… (soit 20 ans après le premier cancer) cette fois ci il est traité en quelques mois, car il est moins agressif.

Je prends la décision de me faire ôter les ovaires lorsque j’aurais 45 ans (car c’est l’âge recommandé à cause du traitement hormonal). Je me conditionne à être ménopausée avec tous les petits et grands désagréments dans 3 ans. Pour moi la surveillance des seins est suffisante en me disant que s’il devait y avoir la moindre anomalie, je serais traitée à temps.

Lors d’un contrôle en septembre, mon radiologue me parle de la mastectomie prophylactique, en m’expliquant qu’il fallait que je prenne d’autres avis vers plusieurs spécialistes car si je développais une tumeur au sein, le traitement serait long et agressif, alors que si je subissais une ablation, je réduirais considérablement le risque.

Ma maman m’accompagne aux RDV, avec cette intervention nous réduisons nos chances de tomber malade de 85% à 2%, et en cas de développement de tumeur, le traitement serait intense et sur plusieurs années, alors que cette intervention pourrait m’éviter de tomber malade et de donner du souci à mon mari, mes filles et mes proches... Maman est également tentée par cette intervention, car elle redoute une troisième rechute...

J’ai RDV demain pour fixer une date d’intervention. Je le fais pour moi, pour mes filles (qui seront peut-être aussi porteuses) pour rester en vie le plus longtemps possible à leurs côtés, pour ne plus sentir cette ombre qui plane au-dessus de ma tête et qui a déjà attaqué 3 de mes amies très proches, et surtout pour ne pas avoir le lourd regret de n’avoir rien fait. C’est une décision grave, une lourde opération et très douloureuse... mais pour moi ça en vaut la peine, car je vais vivre… 😊

Parler avec ces spécialistes ainsi qu’avec Laetitia Mendes et d’autres membres de l’association GENETICANCER m’a conforté et rassuré dans ma décision. MERCI A TOUTES ET TOUS.

LESLIE